Chiffrer au poids en dinanderie et suivre le métal confié aux artisans
En dinanderie, le métal part chez les artisans au kilo et revient en pièces finies. Chiffré au poids et pesé au retour, il dit son coût et sa perte.
Une feuille de laiton est découpée en disques, confiés à un artisan qui les martèle. Un autre les cisèle ou les grave, puis ils sont polis, et certains partent à l’argenture. Chaque étape enlève un peu de métal en limaille et en chutes. Dans un atelier de dinanderie, le métal est la partie coûteuse, et il change souvent de mains. Quand il est remis à l’œil et que les pièces reviennent sans être pesées, personne ne peut dire en fin de mois combien a été perdu, ni où.
Le prix a le même problème. Le laiton et le cuivre rouge suivent le marché : un plateau chiffré au cours du mois dernier peut être vendu à perte ce mois-ci sans que personne ne le remarque. Un atelier qui fixe lui-même son prix au kilo pour chaque métal, et le change quand le marché bouge, peut chiffrer chaque devis à partir de ce prix. Le devis dit alors combien de temps il tient : par exemple sept jours, et seulement tant que le prix du métal reste proche de celui du jour.
Des règles pour les pièces faites main
Une pièce faite à la main peut tout de même se chiffrer à partir de règles. Un plateau rond est un disque, et son métal découle du diamètre et de l’épaisseur de la feuille. Un plateau de 400 mm de diamètre part d’un disque de 0,126 m². En laiton de 0,8 mm, ce disque pèse 0,85 kg avant tout travail. Avec les 4 % de perte admise, le devis compte 0,89 kg, le poids qu’affiche l’écran. Chiffrer au poids, c’est tirer la part métal du prix de ce poids et du prix du laiton au kilo. Martelage, gravure ou ciselure, polissage et éventuelle argenture s’ajoutent, chacun selon la taille et le décor choisis.
La même logique vaut pour le reste du catalogue. Une vasque est rétreinte dans un disque plus grand que son diamètre, parce que le métal doit monter sur les côtés. Un lustre dépend de la taille de son corps et du nombre de bras, chacun avec son verre. Chacun peut s’écrire une fois comme modèle, avec ce que le vendeur saisit : diamètre, profondeur, nombre de bras, métal, décor, finition.
Suivre le métal jusqu’au coût
Suivre le métal confié aux artisans est l’autre moitié. Quand une pièce part chez un artisan, le métal sort du stock au poids et est enregistré comme étant chez lui. Quand le travail revient, il est pesé en trois parts : pièces finies, chutes et métal non utilisé. Les chutes vont dans leur propre article, pour être vendues ou rendues, et le métal non utilisé revient en stock. La différence est la perte. Chaque étape peut avoir sa perte admise, quelques pour cent pour le martelage et davantage pour l’ajourage. Une perte au-delà est signalée tout de suite, pendant que l’artisan se souvient encore du travail et bien avant l’inventaire.
Dans ce métier, les artisans sont le plus souvent payés à la pièce. Quand un artisan termine une étape sur son téléphone, les pièces entrent dans la paie du mois, et l’argenture confiée à un autre atelier va sur le brouillon de facture de ce fournisseur. Quand toutes les étapes d’une pièce sont faites, la pièce reçoit son coût à partir du métal utilisé, des étapes payées et du temps d’atelier. Les plateaux et lanternes faits pour le showroom entrent en stock à ce coût : la marge de chaque vente est connue.
C’est ainsi que fonctionne sahmrev Workshop pour la dinanderie. Il comprend tout sahmrev Commerce et y ajoute le travail d’atelier. La page Dinanderie montre le modèle de plateau et le suivi du métal, et la démo en ligne permet d’essayer un atelier de bout en bout.